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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 15:30
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Titre : Le cahier bleu

Auteur :
James A. LEVINE

Edition :
Buchet Chastel

Genre :
Biographie

Résumé :
Batuk est âgée de neuf ans à peine quand son père, un paysan du Madya Pradesh, la vend à un bordel d'enfants de Common Street, à Bombay. Jetée en pâture aux désirs pervers des notables de la ville et des policiers pédophiles, la petite prostituée parvient, six années plus tard, à subtiliser un crayon à sa patronne. Et se met à couvrir les pages d'un cahier bleu auquel elle confie le quotidien épouvantable de son esclavage sexuel. Dans ce journal intimiste, désespéré, expiatoire, Batuk écrit tous les jours avec ses mots d'enfant sacrifiée. Elle écrit pour conjurer son destin, pour oublier que son père a abandonné sa léoparde aux yeux d'argent à la violence de ces clients qui viennent jusque dans son nid pour y faire des pains au lait. Elle écrit aussi pour retrouver ses jeux au village avec les lézards de son enfance entre les rochers chauffés par le soleil. Et, dans son cahier bleu, Batuk finit par s'inventer des héros fantastiques qui viendront peut-être, un jour, la libérer... Mais, une nuit, un taxi blanc s'arrête devant sa prison...

  James A Levine est professeur émérite et médecin dans la célèbre clinique américaine de Mayo. Il a été mandaté par les Nations unies pour enquêter sur le travail des enfants dans les pays émergents. Lors d'une visite dans la sordide rue des Cages de Bombay où exerce une partie du million deux cent mille enfants prostitués en Inde, il voit un jour une petite fille en sari rose qui écrit dans un cahier bleu. Batuk, l'héroïne du Cahier bleu, est née. Ce premier roman, dérangeant, puissant et engagé contre la prostitution des enfants dans le monde, est traduit dans une quinzaine de pays.


Mon avis :
Tout d'abord, je commencerais par dire que "Le cahier bleu" est une lecture qui ne laisse pas indemne, c'est un livre qui touche, qui remue, qui dérange et surtout qui fait réagir et réfléchir sur l'horreur de la condition de certains enfants en Inde.
C'est aussi un livre difficile à critiquer puisque ça revient à critiquer la réalité.
Néanmoins, je me dois de m'attarder sur la façon donc nous est rendue cette histoire puisque c'est le but d'une critique littéraire mais je reviendrais, à la toute fin, sur des faits réels car c'est important et je pense que c'est aussi le but de ce genre de récit.

  James A. Levine, professeur de médecine dans le Minnesota, nous livre ici un récit poignant, émouvant et déroutant. C'est Batuk, "la léoparde aux yeux d'argent", jeune fille de 15 ans qui se confie à nous : elle aborde avec beaucoup de fraîcheur ses rêves et son enfance (avant 9 ans), écrit des contes et des poèmes, mais sa vie, si on peut appeler cela une vie, Batuk nous la livre dure et brusque et ne nous épargne pas ; les larmes ont frôlés mes joues à certains passages et quand je croyais avoir lu le pire, je me rendais compte que l'horreur pouvait aller encore plus loin. On ne peut être que touchée et bouleversée par cette enfant qui, a 9 ans déjà, n'en était plus vraiment une. A noter qu'une petite fille en Inde qui sait lire et écrire est une chose exceptionnelle, le taux d'alphabétisation des filles étant de 45% en 2000.
  C'est un récit dur, violent, émouvant mais je pense que c'est important qu'il aie été écrit et qu'il faut le lire ; à noter que l'ensemble des royalties que docteur Levine tire des ventes du "Cahier bleu" sont reversés au Centre International des enfants disparus et exploités (www.icmec.org).

  Pour finir, je pense qu'il est important de s'arrêter un moment sur la réalité de la situation de ces enfants en Inde : on estime entre 400 000 et 500 000, le nombre d'enfants exploités sexuellement en Inde, avec des petites filles certes mais aussi des petits garçons. Ces trafics se déroulent dans les grandes villes comme Calcutta ou Bombay et son alimentés par les familles pauvres d'Inde mais aussi du Népal et du Bangladesh, forcés de vendre leurs propres enfants. Il y a même des autorités qui participent à ce trafic et pourtant, la constitution indienne interdit le travail des enfants avant 14 ans depuis 1947 et l'Etat a ratifié la Convention des droits de l'enfant. Les mutilations sexuelles y persistent aussi que ce soit chez les petites filles ou les petits garçons.
  J'aimerais aussi faire référence au film "Slumdog millionnaire" qui évoque également la prostitution dans les temples avec des jeunes filles engagées comme danseuse, ou devadesis, avec qui, selon la croyance, les rapports sexuels procurent bonheur et chance ; les Orphelinats sont aussi abordés, avec ces enfants recueillis dans les rues qu'on mutile physiquement pour faire la manche et rapporter plus d'argent.
  Tout ceci est choquant, d'autant plus au XXIème siècle. Il existe bien sûr des associations dont j'aimerais vous communiquer les adresses internet : l'association contre la prostitution des enfants (www.acpe-asso.org)ainsi que ECPAT International (www.ecpat.net) et la fondation Batuk créée par James A. Levine (www.BatukFoundation.org)


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Merci beaucoup ! (^-^)
Par Mina - Publié dans : Biographie
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