La porte des enfers - Laurent GAUDÉ

Publié le par Mina

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Titre :  La porte des enfers

Auteur :
  Laurent GAUDÉ

Edition :
  Babel

Genre :
  Contemporain (fantastique)

Résumé :

  Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être : son petit garçon est mort. Nuit après nuit, à bord de son taxi vide, il s'enfonce dans la solitude et parcourt au hasard les rues de la ville. Un soir, dans un minuscule café, il fait la connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre...

  Ceux qui meurent emmènent dans l'Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C'est dans la conscience de tous les deuils - les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l'histoire de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, La Porte des Enfers nous emporte dans un "voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au néant.



Mon avis :
  Je commencerai par un grand merci Shanaa qui, malgré ma réticence, m'a offert ce roman et, finalement, je l'ai dévoré en une journée (^-^)

 

  Laurent Gaudé utilise des chapitres très courts mais aussi des phrases très courtes où chaque mot est pesé, choisi. Son texte y gagne beaucoup de force pour exprimer des sentiments tels que le deuil, le besoin de vengeance, la souffrance incommensurable d'un couple face à la perte de son seul enfant.

  Ce roman est une descente aux Enfers, au sens propre comme au sens figuré. L'ambiance est vraiment sombre, j'avais le sentiment que le soleil ne pouvait plus se lever sur Naples, où évoluent les personnages.

 

  Celle qui m'a infiniment touchée, c'est Giuliana, la mère endeuillée. Elle illustre parfaitement la douleur indicible, sourde, la mort qui s'installe en elle après la disparition de son enfant.

 

"Que les prêtres qui ne disent que des inepties apaisante se taisent ou qu'ils parlent vrai et évoquent la révolte de nos coeurs face à la pourriture d'un enfant, la révolte de mon ventre de mère face au regard crevé de celui qui m'a tété le sein. Je suis pliée en deux sur cette dalle de marbre et je bave de rage. Maudite soit-elle cette pierre que je n'ai pas choisie et qui recouvre désormais mon enfant pour l'éternité."

 

  Matteo, le père prend un autre chemin pour faire son deuil, il tente par tous les moyens de sortir la tête de l'eau et erre en quête de réponses. C'est dans un bar enfumé, en compagnie d'un travesti et d'un curé fou qu'il va les trouver.

 

  Ce roman se passe donc sur deux époques. Tout commence en 2002, par une vengeance : pourquoi Filippo en est arrivé là ? quel est l'enfer dont il parle ?

  Puis nous remontons le temps, en 1980, l'année où Filippo est mort, à seulement 6 ans et dans les bras de son père.

  Mais alors que s'est-il passé entre 1980 et 2002 ?

  Une première partie nous fait revivre les évènements et toute la souffrance de ces parents, tandis que vers la fin du roman, le fantastique prend le dessus et nous offre une véritable descente aux Enfers.

  J'ai vraiment été embarquée par ce roman, par les mots de Laurent Gaudé qui sont très puissants. Une lecture fascinante et extrêmement bien construite.

 

"C'est la règle du pays des morts [...]. Les ombres auxquelles on pense encore dans le monde des vivants, celle dont on honore la mémoire et sur lesquelles on pleure, sont lumineuses. Elles avancent vers le néant imperceptiblement. Les autres, les morts oubliés, se ternissent et glissent à toute allure vers le centre de la spirale."

 

  Pour conclure, "La porte des enfers" est une histoire de vengeance mais aussi, et surtout, une histoire de deuil, portée par une plume très forte.


Publié dans Contemporain

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ASTOR 08/11/2011 22:10



Acheté aujourd'hui donc pas encore lu ! Si on apprécie Laurent Gaudé, il faut lire "La mort du roi Tsongor". Superbe ! Puis "Le soleil des Scorta" !



Mina 09/11/2011 16:24



Merci de nouveau pour ces conseils Astor (^-^)



Luna 21/06/2011 11:33



J'ai beaucoup aimé l'univers de ce livre : on s'y croirait vraiment ! Tout droit sorti d'un reportage qui se veux "choc" sur le sud de l'Italie...
Je crois que le pire dans le livre c'est que les personnages sont crédibles et que leur histoire est horrible : le "ça n'arrive qu'aux autres" est assez difficile à dire ici, parce que ce sont
des situations dont on a peur, mais on sait forcément que la mort d'un proche finira par arriver à un moment où à un autre...
C'est vraiment un livre à lire !




Mina 21/06/2011 19:03



Je ne pensais pas que tu aurais lu ce titre Luna, contente qu'il t'ai plu (^-^) merci de ton commentaire.



bambi_slaughter 12/06/2011 00:07



Un livre que j'ai adoré et qui m'a beaucoup émue. Il faut dire que l'auteur a choisi les mots exacts sur ce que l'on ressent à la perte d'un proche. C'est exactement ce que je pourrai dire.



Mina 12/06/2011 13:09



Je suis tout à fait d'accord avec toi Bambi_Slaughter, merci de ton commentaire (^-^)



djak 08/06/2011 21:21



j'ai découvert Gaudé avec Ouragan et j'ai beaucoup aimé!



Mina 08/06/2011 21:37



Merci pour ton commentaire Djak, j'ai entendu parler en bien d'Ouragan (^-^)



Elora 08/06/2011 13:04



Je t'avouerai que j'ai abandonné ce livre parce que je trouvais le style de l'auteur plutôt indigeste !



Mina 08/06/2011 18:26



Oh dommage, il faut dire que c'est un style assez particulier ; ça m'a plu mais je comprend que ça ait pu te rebuter. Merci de ton commentaire Elora (^-^)