Interview #6 : Charlie Bregman

Publié le par Mina

  ~ Interview de Charlie Bregman ~

 

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Présentation par Mina : encore une fois, je ne me permettrais pas de présenter un auteur qui le fait aussi bien lui-même. Juste une petite précision, Charlie Bregman est l'auteur de " Vivement l'amour" que j'ai pu découvrir il y a peu de temps et grace à lui, tout simplement

 

Mina : Merci infiniment de m'avoir permis de découvrir votre livre, beaucoup de talents sont encore cachés alors qu'ils méritent vraiment d'être découverts et je suis convaincue que vous en faites partie (^-^)
Charlie Bregman : Merci pour le compliment… mais avoir accepté de découvrir le premier roman d’un parfait inconnu fait que l’honneur vous revient ! Ce sont les gens comme vous, que je remercie infiniment !
Pour ce qui est du talent, il faut être honnête : le mien n’est fait que de travail et de persévérance. J’aime écrire, et je ressens un besoin quasiment viscéral de le faire. J’écris depuis l’âge de 13 ans, mais je l’ai toujours fait de manière pudique, voire secrète, comme s’il s’agissait d’une activité honteuse…
Aujourd’hui, je crois que le temps est venu de partager cette passion avec des lecteurs.

M : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
C.B. : Je suis né et j’habite en Haute-Savoie, je travaille dans le milieu de l’architecture en tant que dessinateur projeteur indépendant, je suis marié, j’ai deux filles, et je vais bientôt fêter mes 37 ans.
Comme mon roman évoque la vie d’un Charlie de 15 ans, cette présentation sonne un peu comme le pauvre type en pleine crise de la quarantaine qui essaie de nous refourguer sa nostalgie des années 80, pas vrai ? Mais ce livre est tout sauf ça ! Toute idée de regret a été barrée dès la première ligne. Ce que je veux, c’est simplement partager un bon parfum de jeunesse et d’insouciance, avec tout l’amour de la vie et l’humour qui vont avec. Tout le contraire de la vie d’adultes robotisés que nous menons, en quelque sorte.

M : Le roman que vous m'avez proposé de découvrir s'intitule "Vivement l'amour", c'est l'autobiographie romancée d'un jeune homme de 15 ans face à ses premiers émois amoureux ; d'où vous est venue l'envie d'écrire ce titre ?
C.B. : Je trouvais amusant d’écrire un premier roman sur le thème des premières fois : premières questions existentielles, premiers complexes, premier amour, premiers conflits avec les parents… En dehors du fait que je connais beaucoup de personnes nostalgiques de cette période de leur vie, je trouve que l’adolescence est une époque fascinante, qui peut être autant merveilleuse qu’extrêmement difficile. C’est la fin du monde insouciant de l’enfance, pour des premiers pas vers un monde des adultes qui est forcément plus frustrant, car fait de choix et de responsabilités.

L’adolescence est une période difficile où l’on se retrouve face à face avec un soi-même qui se cherche, qui ne sait pas qui il est, d’où il vient, et surtout où il va : le corps nous lâche, tout pousse de travers, on a des boutons jusque sur le nez, des poils qui sortent de partout, on se sent trop gros, trop maigre, on n’est jamais comme il faut… L’amour propre en prend un tel coup qu’on a vraiment besoin de réconfort. Et pour peu qu’il tarde à se manifester, on se surprend rapidement à pousser un grand soupir du genre « Vivement l’amour ! » C’est ça, que je voulais raconter. Et je tenais à le faire avec beaucoup de dérision. Comme un échappatoire à ce rythme « métro-boulot-dodo » auquel il manque tant d’insouciance et de fantaisie.
Le côté autobiographique n’était qu’une question de facilité pour démarrer le projet. Au fur et à mesure, l’imagination et l’exagération ont largement contribué - du moins, je l’espère ! - à faire de ce texte un roman à part entière.

 

vivement l'amour


M : Combien de temps avez-vous mis à l'écrire ?
C.B. : Mon inspiration provient d’un vieux carnet de mes 15 ans, mais je précise que je n’ai eu l’idée d’en faire un roman qu’une dizaine d’années plus tard, et il ne s’agissait que d’un texte de 180 pages, dont seul le premier tiers avait quelque chose d’intéressant à exploiter.
J’ai vécu ma vie, continué à écrire beaucoup de choses éparses, et ce projet est resté en jachère jusqu’au moment où je suis tombé sur le site de Jepeh, un illustrateur dont l’humour me faisait penser à Hergé (je suis fan de Tintin). Alors que je n’avais qu’une cinquantaine de pages correctes à lui présenter, que je ne savais absolument pas comment j’allais m’en tirer pour fournir une suite prenante et cohérente, je lui ai proposé une collaboration visant à publier le roman sous forme de feuilleton illustré, au rythme de deux à trois épisodes par semaine. Nous avons ouvert notre blog en fin avril 2006. Il s’appelait Les Impatiences amoureuses (ancien titre que j’ai préféré abandonner) [ndlr : pour les curieux, voici le lien] et l’aventure a duré jusqu’en fin 2007.
Ensuite, il restait à corriger ce premier jet pour en faire quelque chose de moins « amateur ». J’ai d’abord enrichi le texte jusqu’à un pavé inexploitable de 600 pages, et puis j’ai taillé dans la masse pour ne conserver que le meilleur.
En tout, Vivement l’amour m’aura occupé pendant pratiquement 5 ans. Pas vraiment à plein temps, mais quand même sous forme d’activité secondaire absolument prioritaire !

M : J'ai trouvé que le professeur de français dont vous parlez dans votre roman illustrait parfaitement votre façon d'écrire, pleine de sincérité, qui est-il ou qui a-t-il été pour vous ?
C.B. : Alors, pas de chance, mais le professeur de français est justement un des personnages 100% fictifs du roman !
Il est un personnage clé, car lui seul permet à Charlie de prendre un peu d’avance sur son évolution, en se posant les bonnes questions au sujet de l’existence et de l’importance de vivre en apprenant à écouter ses émotions. Mr Antoine, c’est plusieurs personnages en un : l’idéal de prof que j’aurais aimé avoir, le quinquagénaire en pleine crise que je n’aimerais pas devenir, et l’auteur que je suis qui en profite pour glisser à son lecteur combien l’écriture peut être essentielle et vitale !
Très paternaliste avec ses élèves, il est aussi un clin d’œil personnel à un vieux pote de lycée, devenu aujourd’hui prof de français.

M : Comment s'est passée l'auto-édition ? pourquoi avoir décidé de vous lancer ? pourquoi maintenant ?
C.B. : Le choix a été difficile. Etre édité par un éditeur assure de la crédibilité. En revanche, l’autoédition, c’est la liberté totale… qui a un prix, évidemment (il faut tout faire soi-même), mais qui correspond peut-être beaucoup plus à ma personnalité créative, autonome, et impatiente. Parce que je considère que j’ai passé bien suffisamment de temps comme ça sur ce projet. S’il faut encore perdre un ou deux ans à trouver un éditeur et lui modifier le texte à son goût, je ne suis pas prêt de passer à autre chose. Ça se discute, je le sais. Un éditeur a forcément plus d’objectivité littéraire, vous me direz… mais voyez-vous, l’objectivité, en littérature, je trouve que ça reste, quoi qu’on en dise, un critère complètement subjectif !

M : Dans votre préface, vous dites avoir écrit des romans de science-fiction ; puis-je
vous demander d'en dire un peu plus ?
C.B. : Pas des romans mais des nouvelles. En classe de cinquième, après nous avoir fait étudier un recueil de nouvelles de science-fiction, en fin d’année, la prof de français nous avait donné comme sujet de rédaction le thème des voyages dans le temps. Comme le travail n’était pas noté, je me suis un peu lâché (comme quoi, le fait de pouvoir être jugé est certainement un frein à la créativité), et je lui ai carrément rendu une nouvelle d’une vingtaine de pages… qu’elle a d’ailleurs gardé !
Mais pendant l’été, je me suis passionné pour ce genre littéraire, et j’ai écrit cinq ou six autres nouvelles, qui ne sont aujourd’hui plus qu’un vague souvenir. Mais qui sait… peut-être une source d’inspiration pour une prochaine fois ?

M : Quelles sont vos inspirations en règle générale ?
C.B. : Beaucoup de choses m’inspirent. J’ai l’imagination qui part un peu trop dans tous les sens, mais je m’intéresse beaucoup aux comportements humains, et principalement à la partie inconsciente et émotionnelle des individus.

M : Êtes-vous un grand lecteur ? Avez-vous des auteurs préférés, ou qui vous inspirent ?
C.B. : Personnellement, je fonctionne un peu comme une éponge. Alors, quand j’écris, j’arrête de lire.
En ce moment, du coup, en attendant de me lancer dans mon deuxième livre, j’essaie de rattraper le temps perdu. Je découvre Musso, Gavalda, et j’ai toute une liste d’incontournables culturels que je garde sous le coude, avec, parmi eux, un certain Houellebecq, que je dois être un des rares à ne pas avoir lu !
Par contre, j’ai été un grand lecteur pendant mes études secondaires, une période durant laquelle j’ai redécouvert un plaisir qui s’était un peu estompé avec le lycée, où l’on nous impose parfois des œuvres auxquelles nous ne sommes pas forcément réceptifs.
Parmi les classiques, je suis fan de Dostoïevski, Cioran, Camus, Buzzati, Kafka, Pagnol, Saint-Exupéry, et parmi les contemporains, le style très incisif d’Amélie Nothomb m’a souvent procuré de très bons moments de lecture.
Mais le plaisir de lire, ça ne supporte pas les doctrines, et il faut avouer que j’adore aussi (malgré leur écriture plus cinématographique) des auteurs comme Bernard Werber, Marc Levy et Dan Brown.

M : Que prévoyez-vous pour la suite de la promotion de votre premier roman ?
C.B. : J’ai besoin de me faire connaître. Le problème de l’autoédition est que l’auteur devient aussi celui qui vante le livre… ce qui n’est pas très compatible avec ma nature assez discrète et réservée.
Pour me faire connaître, je vais envoyer des communiqués de presse aux journalistes, des exemplaires à certains critiques qui pourraient être intéressés, et rechercher des libraires ou même des blogueurs partenaires, dont les commissions sont prévues pour être généreuses.
Sans ces partenaires, aucun succès n’est envisageable.

M : Que peut-on vous souhaiter ?
C.B. : Dans un premier temps, de bonnes critiques et un bon fonctionnement du « bouche-à-oreille ».
Dans un second temps, allons-y gaiement… beaucoup de succès ?! ;-)

M : Et le mot de la fin sera ?
C.B. : Soyez curieux, sortez des sentiers éditoriaux battus : l’autoédition n’est pas forcément la poubelle de l’édition !
Découverte gratuite du premier chapitre sur mon blog : http://charliebregman.kazeo.com/CAMPAGNE-DE-PUB/premiere-page-premier-roman,p2665590.html#it

 

 

Merci encore à vous Charlie Bregman, convaincue par votre premier roman, je croise les doigts et espère que le succès sera au rendez-vous ! (^-^)

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